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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 14:47

arton3004.jpgLes syndicats dénoncent la remise en cause du service public hospitalier mise en œuvre durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, via la tarification à l’activité (T2A) et la loi « Hôpital patients santé territoires » (HPST). 

 

« On a assisté durant cinq ans à une remise en cause du service public hospitalier, un profond démantèlement qui a des répercussions sur l’état de santé des malades et les personnels qui les soignent » : Yves Castino, secrétaire du syndicat CGT de l’hôpital de la Timone à Marseille, ne mâche pas ses mots quand il évoque le bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy en matière de santé. 
    L’une des mesures phares été la mise en place de la Tarification à l’activité (T2A). « On a fait croire aux établissements hospitaliers que le fonctionnement à l’activité serait une source de moyens pour l’hôpital public, en expliquant que les établissements qui travaillaient beaucoup auraient des ressources supplémentaires »,rappelle Pierre Tribouillard, responsable régional Paca FO Santé. 
    Mais il n’en a rien été. « On s’est rendu compte en définitive que la T2A est englobée dans l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam), l’enveloppe des dépenses de santé qui est strictement encadrée par le gouvernement. Si bien que la T2A était elle-même limitée », poursuit Pierre Tribouillard. Ainsi, « pour rester dans le cadre de l’Ondam, le gouvernement a baissé la valeur de l’acte. A l’arrivée, les établissements qui ont augmenté leur activité n’ont pas eu de moyens supplémentaires, et ceux qui n’ont pas augmenté leur activité ont connu une baisse de moyens. C’est un marché de dupes », résume le responsable syndical.
    Yves Castino souligne que ce mode de tarification a bouleversé le fonctionnement des hôpitaux. « Le malade devient une part de marché. Il y a des pathologies qui vont rapporter, d’autres qui vont coûter. Avant, on raisonnait en termes de besoins des malades. Désormais, quand il y a une grosse intervention, ce qui coûte, c’est l’hôpital public qui va la réaliser, et une petite intervention, ce qui rapporte, c’est pour les cliniques », dénonce-t-il.
    Pour Pierre Tribouillard, la T2A est « en contradiction » avec le service public. « L’hôpital public a lui une mission de service public : il est obligé de fonctionner 24h sur 24. Et il y a toute une série d’interventions qui ne sont pas programmables, par exemple tout ce qui arrive aux urgences. Même si on peut avoir une nuit relativement tranquille, on est obligé de mobiliser des moyens : des équipes de réanimation, des médecins de garde… Ce sont des activités qui ne sont pas financées par la T2A », souligne-t-il. 
    Le quinquennat de Nicolas Sarkozy a aussi vu la mise en œuvre de la loi « Hôpital patients santé territoire » (HPST). « C’est une loi qui fait petit à petit disparaître l’hôpital public en instaurant la privatisation de celui-ci. La malade devient de plus en plus un client, l’hôpital fonctionne de plus en plus comme une entreprise. Le seul critère mis en avant est celui des recettes et des dépenses : c’est une marchandisation de la santé », résume Yves Castino. 
    Une loi qui conduit à des fermetures massives de lits d’hôpitaux, de services de réanimation, de pédiatrie, de maternité, d’urgences. « Le directeur de l’hôpital est sous la coupe directe de l’Agence régionale de santé (ARS). C’est un système d’hyper centralisation où le ministère a la main directe sur l’hôpital, petit ou gros : le directeur d’agence régionale a droit de vie ou de mort sur tel ou tel service », explique Pierre Tribouillard qui juge que ce mode de gestion a été mis en place « pour imposer l’austérité à l’hôpital public ».


« C’est une hérésie que l’hôpital 
doive être rentable »


    Généralement, le directeur de l’hôpital dispose de 6 mois pour rétablir les comptes. « On définit combien d’activités supprimer. Tout est contractualisé dans un contrat de retour à l’équilibre », précise le responsable régional Paca FO Santé. Il conteste pourtant l’idée selon laquelle les hôpitaux seraient déficitaires. 
    « C’est faux. C’est qu’on ne rémunère pas leur activité comme elle devrait l’être. On réduit les moyens et les déficits qui se cumulent deviennent des déficits structurels. »
    Un avis que partage Yves Castino. « Si 75% des hôpitaux publics sont dans le rouge, ce n’est pas parce qu’ils sont mal gérés mais parce qu’on n’a jamais réfléchi aux moyens octroyés face aux besoins », explique-t-il. Et de brocarder les plans de retour à l’équilibre. « La masse salariale représente 70% des charges d’un hôpital. Donc le retour à l’équilibre se traduit toujours par des suppressions de postes, de services : on n’est plus dans une réponse aux besoins des patients. C’est une hérésie que l’hôpital doive être rentable. »    
    Au final, « les malades ne font plus que passer à l’hôpital ». « On n’entre pas quand on est malade et on ne sort pas quand on est guéri. On entre en fonction des places et on sort en fonction des attentes pour entrer. Et certains malades reviennent à l’hôpital car ils sont sortis trop tôt », indique Yves Castino.
    Pierre Tribouillard déplore aussi que « les élus ne soient plus impliqués dans la gestion ». « Le conseil d’administration, dont le maire était le président dans les centres hospitaliers, a été remplacée par un conseil de surveillance : plus aucune décision ne s’y prend », résume-t-il. 
    Si les hôpitaux de proximité sont durement touchés par cette loi, les grandes villes ne sont pas épargnées, à l’instar de Marseille. « L’hôpital Sainte-Marguerite, le grand hôpital du Sud de la ville, est en train d’être démantelé dans un secteur où pourtant la population augmente, ce qui laisse le champ libre à 26 cliniques privées. Et sur l’hôpital Nord, qu’on appelle "l’hôpital des pauvres", on projette la fermeture de la réanimation pédiatrique et de tout ce qui est chirurgie pédiatrique pour tout concentrer sur la Timone. Quand on sait que sur ce secteur il n’y a pas un pédiatre, cela revient à faire courir des risques supplémentaires aux patients », dénonce Yves Castino.
    Et de conclure : « Après 5 ans de Sarkozysme, on ne reconnaît plus l’hôpital public. Et si on en reprend pour 5 ans, il va finir le travail et dans 5 ans, on n’aura plus de sécurité sociale. »

Témoignages
Serge Payrau pour "La Marseillaise"

 http://www.lamarseillaise.fr/le-fait-du-jour/l-hopital-public-demantele-durant-5-ans-26090.html

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