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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 14:03

Conférence de presse d'Aleka Papariga, secrétaire-générale du Comité central du KKE, ce 7 novembre, sur la formation d'un nouveau gouvernement à partir des forces des deux partis bourgeois du pays, le social-démocrate PASOK et le parti de droite Nouvelle démocratie, qui a également le soutien du parti nationaliste LAOS. Aleka Papariga a appelé la classe ouvrière, les couches populaires à faire tomber ce gouvernement aussi vite que possible par leur lutte. Elle a insisté sur la nécessité de constituer un front populaire socialpour renverser le pouvoir des monopoles, les socialiser, pour retirer la Grèce de l'UE et de l'OTAN et annuler la dette.

 

Intégralité de la déclaration introductive de la secrétaire-générale du Comité central du KKE à la conférence de presse :

 

« Un gouvernement du front obscur des partis du capital est sur le point d'être formé, un gouvernement du capital en personne, avec l'UE dans le rôle du chef d'orchestre. Ce gouvernement va être formé pour imposer les intérêts du capital Grec et Européen dans des conditions de crise et de rivalités, pour faire face aux tensions exacerbées dans l'UE et pour soumettre le peuple. De façon ostensible, l'UE a fait pression sur la Nouvelle démocratie et le PASOK pour qu'ils forment ce gouvernement. En réalité, ces pressions se retournent contre le peuple. Nous affirmons sans le moindre doute que ce gouvernement ne va pas s'occuper de la dette ou des déficits, ou du fond de la crise, si vous préférez, il ne va même pas s'occuper de la possibilité d'une faillite incontrôlée.

 

Éviter la faillite dans les prochains mois ou/et les prochaines années ne dépend pas de la combinaison politique de gouvernement que les divers gouvernements bourgeois pourraient réaliser, que ce soit une coalition gouvernementale ou un gouvernement avec un seul parti à sa tête etc. La question de savoir si il y aura des partis supplémentaires dans la coalition, nous le réaffirmons, est fondamentalement liée à une pédagogie de la soumission du peuple, car le problème de la crise est plus profond, il concerne le système capitaliste même et non sa gestion.

 

kke.jpgLe peuple doit savoir la chose suivante : que ce qu'il a vécu dans la période précédente, il va le revivre maintenant. Pour commencer, ils vont prendre des mesures anti-populaires, anti-ouvrières et après le versement sera payé, et en fait nous allons maintenant entrer dans le nouveau cycle de versements du nouveau mémorandum. Nous ne croyons pas le moins du monde que l'initiative de G.Papandreou de procéder à un référendum 'Euro ou Drachme' est ce qui a mené à la formation d'un gouvernement de coalition. Ils se préparaient pour cela depuis longtemps, bien sûr cela a été la bonne occasion.

 

Le capital dans notre pays et dans l'UE veut imposer un gouvernement fort et énergique. Et en fait, si vous y regardez de plus près, il est même allé plus loin que ce qu'il louait déjà auparavant au Portugal, où l'opposition avant les élections avait déclaré qu'elle serait d'accord sur tout et voterait tout. Ce n'était pas assez. Il ne veut pas de la Nouvelle démocratie comme parti d'opposition qui, clairement pour des motifs d'opposition tactique et non pour des raisons stratégiques a voté contre ces mesures, affirmant bien entendu comme il l'avait déjà dit qu'il respecterait les engagements du gouvernement précédent. Il voulait une alliance gouvernementale unitaire.

 

Une bonne partie du peuple, mais ce qui est étrange c'est que certains politiciens font aussi comme si c'était le cas, s'est sentie humiliée par les interventions de l'UE et par les déclarations de Merkel et de Sarkozy. Nous disons les choses clairement. Si le peuple ne veut plus se sentir humilié, ce qui à l'avenir, si rien ne change, sera bien pire, si il veut être libéré de ce sentiment d'humiliation il doit, avant tout, se libérer du pouvoir des monopoles dans notre pays, se retirer de l'UE. Autrement, de telles humiliations continueront à exister, et nous le redisons, elles seront bien pires à l'avenir.

 

Le patriotisme de notre temps pour nous, c'est : socialisation des monopoles, pouvoir populaire et ouvrier, retrait de l'UE, ce qui dans les conditions actuelles, implique également l’annulation unilatérale de la dette.

 

Ce gouvernement ne va pas être mis en place juste pour quelques mois. Ils ont l'intention de tirer sur la corde le plus longtemps possible. Mais même si il ne restait que quelques mois, il prendrait des mesures qui touchent la vie, les conditions de vie et les droits du peuple sur les dix à quinze prochaines années.

 

Et en fait, le FMI parle d'un gouvernement sur deux ans. Nous appelons la classe ouvrière, les couches populaires à faire tomber ce gouvernement par la lutte le plus rapidement possible, à lui rendre la vie impossible, à utiliser toutes les difficultés que puisse rencontrer la nouvelle coalition gouvernementale (du neuf avec du vieux, mais neuf pour ce qui est de sa composition unitaire) et à rendre son existence aussi brève que possible, avant que des décisions définitives soient prises, et à imposer les élections. Ce qu'il faut bien sûr ici, c'est une lutte sans précédent et particulièrement que les travailleurs, les couches populaires qui croient encore dans le PASOK et la ND n'aient aucune inhibition à ce sujet, ils ne doivent avoir aucune illusion sur le fait que cette alliance puisse améliorer les choses. Elle est mise sur pied pour porter le pire, et même bien pire que ce que nous avons déjà vécu. Le peuple a une arme supplémentaire aujourd'hui, qui n'est pas seulement la justesse de sa cause et l'expérience acquise dans la période récente et dans le passé, mais aussi le fait que l'UE rencontre des difficultés sérieuses. Les gouvernements de l'UE ne peuvent pas gérer la crise, le système politique en Grèce est sous tension, et c'est pour cette raison qu'ils ont été contraints de monter une coalition gouvernementale alors qu'ils ont bien du mal à sauver le système d'alternance des deux partis au gouvernement.

 

Le peuple ne doit pas nourrir d'inquiétudes sur les faiblesses du système bourgeois, les inquiétudes et les dilemmes qui sont les siens. Les dettes, déficits, tout cela, le mémorandum, les programmes à moyen-terme, qu'ils soient adoptés ou non, ce sont les inquiétudes de la classe dirigeante de notre pays et les partis qui la servent et le peuple ne doit pas être inquiet sur la façon dont les choses se dérouleront.

 

Le peuple ne doit se préoccuper que d'une seule chose : comment il va être en mesure de mettre en échec et d'inverser ces mesures, comment il peut être en mesure d'être victorieux.

 

Ils menacent le peuple Grec d'exclusion, d'exclure la Grèce de la zone Euro. Le peuple doit se servir de cette menace, relever la tête et dire : Avec notre résolution, avec notre force, avec notre projet, à partir de maintenant, nous allons nous retirer de l'UE.

 

Ce n'est pas impossible ; il est possible dans les prochaines années que l'UE ne ressemble plus à ce qu'elle est aujourd'hui. Des pays peuvent être exclus de la zone Euro, de l'UE, l'UE pourrait exploser, et quelque chose d'autre pourrait prendre sa place. Il y a même des discussions pour transformer l'UE en une organisation du type États-Unis d'Amérique. Ils envisagent même d'abolir l'organisation en États-nations par décret politique. Parce que c'est un moyen pour pousser le peuple à se soumettre, à cesser son activité militante. Et ensuite, c'est aussi un moyen de s'assurer que la lutte entre les monopoles soit menée dans les meilleures conditions possibles pour eux. Ce plan ne pourra pas par contre abolir les crises en système capitaliste, les rivalités et les fractures.

 

Et puisque l'opportunité se présente, sachant que les médias continuent de dire que Mme. Papariga affirme que si nous retournons à la Drachme certains vont spéculer dessus, clarifions les choses. Sur la question particulière Euro ou Drachme, notre réponse était qu'il y a des fractions du capital, non seulement en Grèce mais dans d'autres pays également, qui sont intéressés à ce que la Grèce reste dans l'UE et quitte la zone Euro car leur position économique dans le système est vouée à la spéculation. Cependant, notre réponse, c'est : retrait. Car nous n'allons pas nous ranger du côté des spéculateurs de l'Euro ou des spéculateurs du Drachme. Ainsi, nous considérons que les intérêts du peuple ne seront pas servis par un front général « anti-memorandum », peu importe qu'il se proclame progressiste, patriotique ou de gauche. Jusqu'à présent, la Nouvelle démocratie se rangeait parmi les forces contre le mémorandum et vous verrez bien où ils vont finir. Il s'agit bien sûr d'un choix réfléchi, elle n'a pas changé de camp. Quel sens aurait un front contre le mémorandum, de gauche, progressiste ?

 

Le front dont nous avons besoin aujourd'hui ne doit pas être juste un front « anti ». Il faut qu'il dise où le peuple doit aller. Et cela détermine son caractère « anti ». Donc nous parlons d'un front populaire social pour le renversement du pouvoir des monopoles, pour leur socialisation, pour le contrôle populaire et ouvrier, pour le retrait de la Grèce de l'UE et de l'OTAN et bien sûr tout cela implique l’annulation de la dette. Nous ne voulons des politiques anti-ouvrières ni avec l'Euro ni avec le Drachme.

 

De ce point de vue, tout front contre le mémorandum de ce type n'est pas seulement temporaire – il éclatera tôt ou tard – mais constituera un des remparts qui protégera la classe bourgeoise qui d'une part veut d'un front clairement conservateur-réactionnaire mais qui dans le même temps peut utiliser un front de ce type pour se constituer une forme de protection. Car quiconque qui lutte dans le cadre de l'UE, en termes de négociations et de changements dans les combinaisons politiciennes, ne constitue pas une menace pour le système. L'action commune avec le KKE constitue une des conditions préalables irremplaçables, nous ne prétendons pas que c'est la seule, mais c'est une condition préalable essentielle pour que ce front populaire social – des germes de ce front existent déjà – puisse se constituer et riposter.

 

Dans le même temps, nous estimons que des fronts de lutte doivent se développer immédiatement, dès demain si possible, avec des exigences mises à jour sur la base des sept points de la feuille de route. De nouvelles revendications spécifiques apparaissent. Je ne vais pas les détailler. Par exemple : sur les caisses de sécurité sociale, le « haircut » revient à un « haircut » de 50% pour les banques et les caisses de sécurité sociale ; sur les accords collectifs de branche, le budget à venir va encore plus couper dans les dépenses, je ne sais même pas si il va laisser quelque chose pour l'éducation, la santé, les allocations-sociales, les crèches, pour les personnes âgées, pour les personnes qui ont des besoins particuliers, pour les problèmes spécifiques des femmes et des jeunes ; le chômage, armée industrielle de réserve, la soi-disant libéralisation des professions. Je ne mentionne ici que quelques exemples, je ne présente pas une plate-forme revendicative générale. Par ailleurs, les fronts de lutte émergent du peuple même, dans les quartiers, dans les entreprises. Néanmoins, ces fronts de lutte doivent viser à mettre en échec ces mesures, à les empêcher, à faire tomber le gouvernement. A des élections maintenant.

 

Et bien sûr qu'après les élections, le peuple doit créer les conditions d'une riposte forte. Ile ne faut pas oublier qu'il y a d'autres questions également : L’Égée, les droits souverains dans la mer Égée, le tribunal de la Haye qui va trancher sur le nom de la République de Macédoine – ce n'est pas la question du nom qui nous concerne mais d'autres questions qui ont à voir avec les frontières, la Constitution, etc. Ce sont des événements qui se produisent actuellement et le peuple ne peut rien attendre des déclarations programmatiques du gouvernement. Les déclarations programmatiques du gouvernement sont connues de tous. La manière dont les choses vont évoluer va faire que cela va être bien pire que dans la période précédente. Par conséquent, nous devons lutter immédiatement en utilisant toutes les formes de lutte – grèves, manifestations, comités populaires à la base, alliance sociale à la base. Il ne peut y avoir d'entreprise ni de quartier populaire sans foyer d'action et de lutte. Ils doivent tous converger dans un torrent massif pour le renversement du pouvoir des monopoles. Il n'y a pas d'autre solution alternative aujourd'hui. »

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