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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 15:40

victor

 

Madame, Monsieur,

Chers Collègues,

Monsieur le Président,

 

En me référant aux orientations budgétaires, je serais tenté de dire que l’année 2012 pourrait constituer pour notre Département, ses populations, l’ensemble des personnels de notre collectivité, l’année de tous les dangers. D’autant plus qu’elles illustrent votre zèle à vouloir accompagner une politique nationale dont les ravages sont mesurés chaque jour par nos concitoyens. Au regard des échéances électorales prévues l’année prochaine, il nous reste à souhaiter, pour préserver quelque avenir, que les Français optent pour de réelles propositions alternatives qui ouvrent des perspectives de changement et nous nous y emploierons.

 

Car comme je l’évoquais, vos orientations budgétaires pour l’année 2012 ne font qu’en rajouter à l’angoisse, la misère, la précarité et les drames que votre politique nationale génère au quotidien. Vous êtes même obligé de l’avouer à demi-mot en parlant benoîtement de « la progression des dépenses sociales » ! Et pourtant, d’un côté les coupes sombres en tous domaines, de l’école à la santé, de l’emploi au pouvoir d’achat quand de l’autre, aucun cadeau n’est trop beau pour le grand patronat, afin de donner des gages à des institutions financières dénuées de toute légitimité démocratique. Voir la politique économique de la France soumise au diktat d’officines aussi sulfureuses que les agences de notations, quelle décadence dans le royaume de France ! De quoi faire se retourner dans sa tombe un illustre Général, qui déclarait jadis que le politique de la France ne se faisait pas à la corbeille !

 

Votre volonté d’apparaître toujours comme le 1er de la classe pour relayer cette politique trouve sa traduction dans vos orientations budgétaires 2012 qui ne sont ni plus ni moins que l’austérité à la mode 06 dans le prolongement direct des décisions imposées depuis le sommet de l’État, avec le même discours.

 

Pour justifier ces mesures, l’accompagnement idéologique de culpabilisation de toutes les catégories de populations, des collectivités territoriales, des grandes institutions, se résume derrière votre credo : la « réduction des déficits publics », comme si tous en étaient responsables au même titre. Au contraire, alors que sont protégés les responsables de cette politique néo libérale du système capitaliste qui casse toutes les solidarités pour favoriser la marchandisation de nos services publics et des besoins sociaux, ce sont encore les victimes qui doivent par ce biais en payer les conséquences. Et si l’on n’avait pas bien compris la portée implacable de ce dogme, au même moment où l’État s’apprête à reconduire, comme en 2008, ses somptueux cadeaux aux banques et aux actionnaires, quand le CAC40 fait bombance depuis le début de l’année, les collectivités locales, déjà étranglées par les désengagements de l’État, sont appelées elles aussi à « l’effort national de redressement des comptes publics ». Et, je vous cite Monsieur le Président, « en conséquence et pour la seconde année, les concours financiers de l’état aux Collectivités en 2012, seront de nouveau frappés d’un gel ». À ce niveau, ce n’est plus de gel mais de congélation de l’action publique qu’il faut parler ! Après le cadeau aux grandes entreprises de la suppression de la Taxe Professionnelle dont tout le monde a pu voir les « formidables » effets sur l’emploi, ….., au gel des dotations de l’État s’ajoute pour la 1ère année la ponction par le même État de 21,3 M d’€ au nom de la péréquation entre départements, que l’État prenait à son compte auparavant. Venant d’un gouvernement qui a fait exploser les déficits publics sans précédent, alors que les collectivités territoriales représentent près de 75 % de l’investissement public et seulement 11 % de la dette publique, ce couplet sur « l’indispensable effort national de redressement des comptes publics » a quelque chose d’indécent.

 

Si l’on y ajoute la loi scélérate sur les collectivités territoriales qui, sans parler de ses aspects anti démocratiques, aggravera encore plus la situation financière des communes, départements et régions, nous allons vers des difficultés encore plus grandes que vont subir d’abord les plus faibles mais aussi l’ensemble de nos populations. Par contre, celle qui n’aura qu’à se féliciter de cette situation c’est la Métropole imposée à marche forcée. On ignore à cet instant ce que sera l’exacte ampleur de notre contribution pour votre allégeance, mais on peut légitimement penser que le département va devenir le principal pourvoyeur de fonds de la Métropole afin de satisfaire à tous les caprices d’aménagement, tels que le Grand Stade et autres Coulée Verte, dont les très grosses entreprises vont pouvoir se repaître tandis que nos communes et nos populations seront sommées de passer à la caisse, alors même que la satisfaction de leurs besoins les plus essentiels continuera d’être ignorée.

 

Au lieu d’envisager un budget qui prendrait en compte les difficultés des familles, des petites entreprises premières créatrice d’emplois dans notre département très inquiètes pour leur avenir, un budget qui contribuerait de façon conséquente à la relance d’activités, premier levier de soutien de la croissance, par une plus grande politique d’aide aux communes et d’investissements répondant aux attentes des populations, le pied sur le frein, vous optez sur la poursuite des restrictions d’investissement – moins 150 M € en deux ans soit moins 37,5 % - et abandonnez toute perspective d’emprunt. Il n’y a rien à craindre d’une politique d’endettement dès lors qu’elle porte sur des investissements indispensables pour les années à venir, créateurs d’activité économique, d’emplois et de recettes par ailleurs.

 

Et même si le système bancaire choyé par votre majorité refuse d’aider les collectivités aujourd’hui, vous avez, pour peu que vous en ayez la volonté politique, les moyens de le faire céder.

Car si l’État procède à notre égard par contrainte, en ne respectant pas ses engagements de compensation à l’Euro près, rien ne nous oblige à nous plier docilement aux injonctions de l’Élysée – Matignon. Bien au contraire c’est un titre de recette qu’il faudrait décider envers l’État afin qu’il s’acquitte de ses responsabilités en matière de charges transférées.

 

Bien entendu vos orientations budgétaires sont à l’opposé de ces propositions. Et une fois de plus, ce sont les plus modestes qui paieront la facture de votre crise et qui verront le recul de l’action publique et la réduction de leurs services publics qu’essaient laborieusement de masquer vos orientations budgétaires 2012.

Il y a recul sur tous les secteurs. Le schéma gérontologique 2012 / 2016 qui sera un moment important de notre séance et sur lequel je reviendrai plus tard, est d’abord un catalogue lénifiant de vœux pieux, sans engagement concret, manquant de toute ambition sociale et d’une vision à long terme sur les enjeux de la dépendance. Un débat que le Président de la République a choisi de renvoyer aux calendes grecques, dans l’attente d’un contexte plus propice aux « enchères ». Un schéma où les ratios financiers sont omniprésents mais où l’on cherchera en vain une politique de développement de structures publiques.

 

Il accroît les grandes inquiétudes pour les personnes âgées, leurs familles, les personnels des EPHAD ou du secteur associatif à but non lucratif. Dans le même temps où les acteurs privés viennent s’engraisser avec des prix exorbitants et des accompagnements financiers publics leur permettant d’optimiser leur gestion. Et ce n’est pas le show médiatique d’annonce de ce schéma avant que les élus et notre assemblée en aient discuté qui changera quoi que ce soit !

 

Concernant le handicap, tout est compris dans votre expression parlant de la nécessité de « financements conséquents et croissants dont il convient de maîtriser l’évolution ». La solidarité nationale envers les personnes handicapées et leurs familles doit-elle être aussi « rationnalisée », pour ne pas dire rationnée ? Est-ce que, comme pour la personne âgée, on va revoir les critères pour l’attribution d’aides ? Est-ce qu’en même temps on exige de l’État le respect de ses engagements ?

 

Pareillement pour l’enfance et la jeunesse où la fuite en avant dans la démagogie sécuritaire amène à privilégier la démarche répressive et culpabilisatrice au détriment de la prise en compte des problèmes sociaux des familles et de la mise en œuvre d’une action globale avec des mesures adaptées à impulser. Là encore, à l’heure où se négocient de nouvelles dispositions dans la réorganisation de la Prévention Spécialisée, nous ne disposons d’aucune information à ce sujet et sommes tenus à l’écart de cette réflexion. Voilà qui nous laisse craindre le pire sur le devenir d’une de nos compétences premières. Les personnels sont très inquiets sur l’accroissement de leurs tâches et secteurs d’interventions avec des moyens humains et financiers en réduction et sur l’orientation essentiellement répressive qui semble vouloir être donnée à leur activité.

 

 

 

 

Que dire du dispositif RSA où votre politique économique désastreuse pour l’emploi ne fait qu’accroître le nombre de ceux qui sont contraints d’y avoir recours. Et pour masquer cette faillite, rien de mieux que de culpabiliser ceux qui ont perdu leur travail, à qui n’est donné aucune perspective de retour à un emploi durable, de les punir un peu plus en les stigmatisant, en les traitant de fraudeurs et en ressuscitant le travail obligatoire. Et vous vous êtes même flatté d’avoir été le premier à leur infliger cette triple peine.

 

Le logement également, car même si ce n’est pas une de nos compétences, quand aurons-nous avec les communes, une réelle politique de développement du logement social locatif et d’accession à la propriété et quand exigerons-nous de l’État qu’il assume pleinement son rôle en la matière ?  Quand se multiplient les situations dramatiques, que des dizaines de milliers de familles sont en attente d’un toit décent et que la spéculation immobilière ne cesse de se développer, notamment par de grands groupes si familiers du pouvoir central actuel.

 

Puisque je viens d’évoquer ce que devrait être une politique du logement avec les communes, il en est de même pour tous les autres projets d’investissements publics les concernant alors qu’arrive à son terme le programme du « Contrat de Plan Départemental ». Avons-nous entièrement rempli nos engagements avec toutes les communes ? Il y en a au moins 2 avec qui ce n’est pas le cas, Gattières et Le Broc, dont les populations subissent un traitement discriminatoire inadmissible. Est-ce qu’aujourd’hui les petits jeux politiciens locaux sont devenus un des critères pour le respect d’un contrat et d’une signature donnés ? Tout le monde se grandirait en mettant fin à cette attitude anti démocratique et en remplissant sans exception des engagements  qui relèvent de ce que vous appelez si justement « la solidarité territoriale ».

Qu’en sera–t-il des nouveaux « Contrats de Plan Départementaux » avec des communes ou collectivités ? N’y a-t-il pas là, à partir de besoins d’investissement utiles  et structurants, des opportunités de relance de l’activité économique quand nos entreprises locales et les populations souffrent ? Et qu’en est-il d’un autre sujet crucial pour notre département, l’élimination des déchets, qui n’est évoquée à aucun moment dans vos documents ?

 

Certains pourront juger mon intervention au nom du Groupe Communiste de sévère, d’abrupte ou pire, « d’idéologique » pour reprendre une de vos formules favorites, comme si l’essentiel de vos choix n’étaient pas inspirés par des partis pris idéologiques.

Mais pourtant l’angoisse du lendemain, les difficultés quotidiennes, le mal logement, le manque d’emploi et la misère constituent le vécu de la plus grande partie de nos populations. Seuls les actionnaires du CAC40, la bande du Fouquet’s et consorts ne connaissent pas la crise et tirent profit de cette situation de reculs tous azimuts.

Ce ne sont pas les politiques d’austérité et de casse sociale, de réduction des investissements, la destruction de dizaines de milliers de postes dans la fonction publique qui sont à même de répondre aux attentes en matière éducative, de santé, de sécurité ou de tout autre service public. Un tout récent rapport parlementaire vient de démontrer les limites de cette politique destructrice de l’emploi public et des risques qu’elle comporte dans un avenir immédiat, sans que pour autant il y ait de réelles diminutions de la dépense publique. Et même une figure pourtant peu suspecte d’inspiration marxiste, le Prix Nobel d’économie Joseph STIEGLITZ, stigmatisait récemment l’inanité des politiques d’austérité et de restriction de l’intervention publique pour faire face aux enjeux de la situation actuelle.

 

Des orientations budgétaires pour 2012, Monsieur le Président, et dans la continuité de celles de 2010 et 2011, qui s’avèrent particulièrement préoccupantes. Il est possible d’en prendre le contre-pied avec les quelques pistes évoquées ci-dessus.

 

Victor Hugo le disait en son temps : « Il y a deux manières d’ignorer les choses : la première, c’est de les ignorer ; la seconde, c’est de les ignorer et de croire qu’on les sait. La seconde est pire que la première. »

 

Ne rajoutez pas de la peine, de la difficulté à ceux qui, déjà, n’en peuvent plus. Ne chargez pas plus le fardeau d’une barque déjà trop pleine. Avec votre majorité, vous pourriez inverser des choix et trouver les moyens de les mettre en œuvre si vous en aviez la volonté politique. Il n’y a aucune fatalité dans la situation actuelle ni résignation face à ses conséquences. Il s’agit bien de volonté afin d’impulser une autre politique où les actions et les mesures soient d’abord déterminées par cette priorité centrale : « l’humain d’abord » !

 

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