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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 17:08
"Pas de forces combattantes supplémentaires » en Afghanistan, a promis Nicolas Sarkozy, lundi soir, tout en n’écartant pas l’envoi de troupes pour « former l’armée afghane », « encadrer la police » ou encore « aider la population ». Qu’en pensez-vous  ?

Jean-Paul Lecoq.

Il y a un message global à délivrer. Soit on veut poursuivre cette guerre, soit on veut l’arrêter. Parler de l’envoi de militaires pour « aider » les troupes afghanes sans dire que l’on s’engage dans un processus de cessez-le-feu, de fin de guerre et d’occupation, cela ne veut rien dire. Il est évidemment nécessaire de former et d’équiper des policiers et des soldats afghans. Mais sous l’égide de qui et au service de qui  ? Inutile de souligner à quel point le pouvoir d’Hamid Karzai est aujourd’hui complètement discrédité.

Vous avez récemment parlé de « désastre humanitaire ».

Jean-Paul Lecoq.

La guerre, c’est la destruction. En Afghanistan, les terres agricoles sont aujourd’hui livrées à la culture du pavot, pour alimenter le trafic de drogue, qui finance certains talibans. L’économie est en ruine. C’est cela le désastre humanitaire. On pourra toujours braquer les projecteurs sur telle école ou tel centre de santé. Mais cela n’éclairera jamais suffisamment l’obscurité dans laquelle est plongé le pays. Aucune instance officielle n’est aujourd’hui capable de dire avec précision ce qui a été construit avec les fonds versés par la communauté internationale à l’Afghanistan.

lecoq_01pf.jpgUn retrait des troupes de l’Otan est-il possible sans une déstabilisation de la région  ?

Jean-Paul Lecoq.

Il faut retirer les troupes qui font la guerre. Il faut que des accords de cessez-le-feu soient signés. L’Afghanistan est loin d’être un pays homogène, constituant une nation. C’est une mosaïque de peuples. Peut-être faudra-t-il signer de tels accords vallée par vallée, avec des chefs de guerre qui ne sont pas tous à mettre dans le même sac. Sans doute faudra-t-il, ensuite, déployer d’autres troupes, sous l’égide des Nations unies, pour assurer le maintien de la paix.

Comment jugez-vous le virage stratégique des États-Unis qui prône désormais le dialogue avec des talibans dits « modérés »  ?

Jean-Paul Lecoq.

Ceux qui résistent à l’occupation de l’Otan ne sont pas tous mus par les mêmes motifs. Il y a, bien sûr, les talibans « historiques », ceux qui ont fait de ce pays un enfer, en particulier pour les femmes, ceux qui ont détruit l’histoire et la culture afghanes. Mais il existe aussi une résistance à l’occupation sans liens avec al-Qaida. Il y a des extrémistes, et il y a d’autres gens, avec lesquels on peut, au minimum, se mettre autour d’une table.

Comment empêcher que ce pays ne retombe aux mains des fondamentalistes  ?

Jean-Paul Lecoq.

Il n’y aura pas de paix durable sans accompagnement. La communauté internationale est-elle prête à engager les mêmes sommes que celles qu’elle a mises dans la guerre pour financer la reconstruction, le développement, la lutte contre la misère  ? C’est là la source du problème. Lorsque j’interroge le gouvernement sur ce point, on me répond qu’il est impossible de procéder ainsi. Mais c’est bien sur cette misère que s’appuient les talibans  ! Aider l’Afghanistan à retrouver le chemin du développement est une condition sine qua non pour que puisse être instauré un authentique processus démocratique. Vouloir calquer un modèle de démocratie, comme cela s’est fait ces dernières années, est inutile et vain. Les Afghans doivent se frayer eux-mêmes un chemin vers la démocratie. Nous devons les accompagner, pas leur dicter une ligne de conduite.

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui

 

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Published by - dans Monde
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